Opposants dans l’équipe de YSA : l’inévitable discrédit !
Par Manalo/ Genève (Suisse)
Comme nous l'annoncions dans notre précédent papier (ce mercredi après-midi, sur le blog non ouvert de Manalo, ndlr), quelques
figures de la principale coalition de l'opposition tchadienne sont entrées dans le gouvernement du nouveau Premier ministre Youssouf Saleh Abbas.
Le général Wadal Abdelkader Kamougué, l'une des principales figures de cette coalition, est nommé ministre de la Défense pendant
que la Justice revient au modéré Jean Bawoyeu Alingué, ancien PM de Déby et autre membre de la CPDC (Coordination des partis politiques pour la Défense de la Constitution). Le
porte-parole adjoint de ladite coalition, Hamit Mht Dahalob, hérite du ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme et de l'Habitat, et le département de l'Agriculture échoit à un
quatrième opposant, Naïmbaye Lossimian, ancien ministre et ambassadeur à Bonn.
Ces entrées matérialisent la promesse du nouveau PM d'ouvrir son gouvernement à l'opposition. Mais que peuvent ces nouveaux venus
dans un gouvernement dont la manette restera malgré tout entre les mains d'Idriss Déby Itno, véritable maître à bord dans un navire en détresse? La nomination de Kamougué à la
Défense peut être interprétée comme un signal à l'endroit des politico-militaires en guise de pseudo volonté (un miroir aux alouettes en somme!) de céder l'essentiel du
pouvoir à l'opposition si cela peut être un des préalables au dialogue et à la réconciliation. Ou encore comme signe de durcissement des faucons et va-t-en guerre, le nouveau titulaire, ancien
officier aux qualités incontestées, étant ainsi appelé à redorer le blason de la grande muette pour la remettre en ordre de bataille. Mais Kamougué semble n'avoir pas toutes les cartes en main
pour réaliser un tel miracle. Encore qu'au soir de sa carrière militaire, il est illusoire qu'il retrouve tous ses réflexes d'officier et puisse disposer aussi facilement de ses anciens réseaux
et pions. L'homme qui, un jour des années 1980, sauva héroïquement la mise aux populations mayo-kebiennes de Kim devant des combattants de Habré amenés par un certain Idriss Déby, a désormais ses
hauts faits d'arme derrière lui. Le "lion du Sud" ne rugit plus et ne saurait rugir dans une steppe curieusement pleine de loups affamés de chairs et assoiffés de sang.
A la justice on se demande ce que
pourra bien Alingué dans un pays où les intouchables du clan au pouvoir semblent loin de lâcher prise sur une population tchadienne désabusée et résignée devant les injustices de tout ordre
qu'elle subit depuis l'arrivée un certain 1er décembre 90 d'Idriss Déby aux affaires. Le modéré opposant, par ailleurs fidèle croyant, ferait mieux de s'agenouiller pour demander, au
Bon Dieu, justice pour ses compatriotes que de faire justice au bon vouloir du prince qui ne connaît que la loi du talion.
Quant à l'Agriculture et l'aménagement du territoire, certes deux départements non négligeables dans un pays qui a faim, malgré ses potentialités,
mal logé et qui demeure un chantier non ouvert, ils semblent loin des véritables enjeux du pouvoir que se disputent le clan et ses différentes oppositions.
On en est alors à se demander pourquoi ces opposants ont accepté d'entrer dans ce gouvernement même si on peut supposer et
comprendre qu'ils y soient entrés pour contribuer à apaiser le climat trop délétère que vit le pays et à œuvrer de l'intérieur dans le sens souhaité par la majorité des Tchadiens. Leur marge de
manœuvre semble très réduite que l'entreprise servira plus à les décrédibiliser qu'à les grandir auprès de l'opinion publique tchadienne.
Ils sacrifient ainsi, faut-il le noter, les préalables posés unanimement par leur coalition avant toute reprise de dialogue avec le pouvoir. Faire la lumière sur
la disparition des opposants en février et notamment sur le cas de leur porte-parole, Ibni Oumar Mahamat Saleh, toujours porté disparu après avoir été enlevé par la garde présidentielle, sonner
le retour des libertés par l'abrogation d'une liberticide loi sur la presse promulguée dans la foulée de l'état d'urgence décrétée en février dernier, sont les points essentiels de ces préalables
à la reprise du dialogue dans le cadre de l'accord du 13 août 2007 entre le pouvoir et l'opposition.
Laquelle abrogation ne semble pas à l'ordre du jour avec la nomination d'un des plus acharnés partisans du musellement de la presse indépendante au portefeuille de
la Communication, Mahamat Hissein. Idéologue en son temps du parti présidentiel, l'ancien patron du seul quotidien privé pro-gouvernemental, Le Progrès, est connu, même dans l'ombre, pour
ses penchants liberticides pour faire taire ses confrères non inféodés au pouvoir. On le cite d'ailleurs au nombre des initiateurs de la présente loi liberticide en vigueur depuis février
dernier. Laquelle loi avait été rejetée, en temps normal déjà, par l'assemblée nationale pourtant aux ordres du pouvoir.
Signé sous le parrainage de l'UE, l'accord du 13 août 2007 était censé résoudre les incohérences de la loi électorale et conduire à des élections législatives
transparentes en 2009 et aux présidentielles de 2011.
Ces entrées permettront-elles de relancer le dossier? Pas très sûr d'autant plus que la coalition est désormais divisée entre ceux
favorables au nouveau gouvernement et ceux qui ont refusé d'y entrer. Pour sûr, en attendant d'épiloguer sur les chances d'un consensus sur le sujet, ce qui occupera les conversations au sein de
l'opinion tchadienne, ce sera la "trahison" des "judas" de la CPDC qui risquent fort de se décrédibiliser ainsi pour de bon. Le prix de la trahison coûte bien cher. C'est toutefois le seul
laurier auquel ils peuvent, pour l'heure, aspirer et ils l'auront entièrement mérité!
Manalo
Article publié ce mercredi soir, 23.04.08, 21h gmt
Opposants dans l'équipe d'YSA: le discrédit inévitable!
Comme nous l'annoncions dans notre précédent papier(ce mercredi après-midi, sur notre blog non ouvert, ndlr), quelques figures de
la principale coalition de l'opposition tchadienne sont entrées dans le gouvernement du nouveau Premier ministre Youssouf Saleh Abbas.
Le général Wadal Abdelkader Kamougué, l'une des principales figures de cette coalition, est nommé ministre de la Défense pendant que la Justice revient au modéré Jean Bawoyeu
Alingué, ancien PM de Déby et autre membre de la CPDC(Coordination des partis politiques pour la Défense de la Constitution). Le porte-parole adjoint de ladite coalition, Hamit Mht Dahalob,
hérite du ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme et de l'Habitat, et le département de l'Agriculture échoit à un quatrième opposant, Naïmbaye Lossimian, ancien ministre et
ambassadeur à Bonn.
Ces entrées matérialisent la promesse du nouveau PM d'ouvrir son gouvernement à l'opposition. Mais que peuvent ces nouveaux venus dans un gouvernement dont la manette restera malgré
tout entre les mains d'Idriss Déby Itno, véritable maître à bord dans un navire en détresse? La nomination de Kamougué à la Défense peut être interprêtée comme un signal à
l'endroit des politico-militaires en guise de pseudo volonté (un miroir aux alouettes en somme!) de céder l'essentiel du pouvoir à l'opposition si cela peut être un des préalables
au dialogue et à la reconciliation. Ou encore comme signe de durcissement des faucons et va-t-en guerre, le nouveau titulaire, ancien officier aux qualités incontestées, étant ainsi appelé à
redorer le blason de la grande muette pour la remettre en ordre de bataille. Mais Kamougué semble n'avoir pas toutes les cartes en main pour réaliser un tel miracle. Encore qu'au soir de sa
carrière militaire, il est illusoire qu'il retrouve tous ses réflexes d'officier et puisse disposer aussi facilement de ses anciens réseaux et pions. L'homme qui, un jour des années 1980, sauva
héroïquement la mise aux populations mayo-kebiennes de Kim devant des combattants de Habré amenés par un certain Idriss Déby, a désormais ses hauts faits d'arme derrière lui. Le "lion du Sud" ne
rugit plus et ne saurait rugir dans un steppe curieusement plein de loups affamés.
A la justice on se demande ce que pourra bien Alingué dans un pays où les intouchables du clan au pouvoir semblent loin de lâcher prise sur une population tchadienne désabusée et résignée devant
les injustices de tout ordre qu'elle subit depuis l'arrivée un certain 1er décembre 90 d'Idriss Déby aux affaires. Le modéré opposant, par ailleurs fidèle croyant, ferait mieux de
s'agenouiller pour demander, au Bon Dieu, justice pour ses compatriotes que de faire justice au bon vouloir du prince qui ne connaît que la loi du talion.
Quant à l'Agriculture et l'aménagement du territoire, certes deux départements non négligeables dans un pays qui a faim, malgré ses potentialités, mal logé et qui demeure un chantier non ouvert,
ils semblent loin des véritables enjeux du pouvoir que se disputent le clan et ses différentes oppositions.
On en est alors à se demander pourquoi ces opposants ont accepté d'entrer dans ce gouvernement même si on peut supposer et comprendre qu'ils y soient entrés pour contribuer à apaiser le climat
trop délétère que vit le pays et à oeuvrer de l'intérieur dans le sens souhaité par la majorité des Tchadiens. Leur marge de manoeuvre semble très réduite que l'entreprise servira plus à les
décrédibiliser qu'à les grandir auprès de l'opinion publique tchadienne. Ils sacrifient ainsi, faut-il le noter, les préalables posés unanimement par leur coalition avant toute reprise de
dialogue avec le pouvoir. Faire la lumière sur la disparition des opposants en février et notamment sur le cas de leur porte-parole, Ibni Oumar Mahamat Saleh, toujours porté disparu après avoir
été enlevé par la garde présidentielle, sonner le retour des libertés par l'abrogation d'une liberticide loi sur la presse promulguée dans la foulée de l'état d'urgence décretée en février
dernier, sont les points essentiels de ces préalables à la reprise du dialogue dans le cadre de l'accord du 13 août 2007 entre le pouvoir et l'opposition. Laquelle abrogation ne semble pas à
l'ordre du jour avec la nomination d'un des plus acharnés partisans du musellement de la presse indépendante au porte-feuille de la Communication, Mahamat Hissein. Idéologue en son temps du parti
présidentiel, l'ancien patron du seul quotidien privé pro-gouvernemental, Le Progrès, est connu, même dans l'ombre, pour ses penchants liberticides pour faire taire ses confrères non
inféodés au pouvoir. On le cite d'ailleurs au nombre des initiateurs de la présente loi liberticide en vigueur depuis février dernier. Laquelle loi avait été rejetée, en temps normal déjà, par
l'assemblée nationale pourtant aux ordres du pouvoir.
Signé avec le parrainage de l'UE, l'accord du 13 août 2007 était censé résoudre les incohérences de la loi électorale et conduire
à des élections législatives transparentes en 2009 et aux présidentielles de 2011.
Ces entrées permettront-elles de relancer le dossier? Pas très sûr d'autant plus que la coalition est désormais divisée entre ceux favorables au nouveau gouvernement et ceux qui ont refusé d'y
entrer. Pour sûr, en attendant d'épiloguer sur les chances d'un consensus sur le sujet, ce qui occupera les conversations au sein de l'opinion tchadienne, ce sera la "trahison" des "judas" de la
CPDC qui risquent fort de se décrédibiliser ainsi pour de bon. Le prix de la trahison coûte bien cher. C'est toutefois le seul laurier auquel ils peuvent, pour l'heure, aspirer et ils l'auront
entièrement mérité!
Manalo
Article publié ce mercredi soir, 23.04.08, 21h gmt
Opposants dans l'équipe d'YSA: le discrédit inévitable!
Comme nous l'annoncions dans notre précédent papier(ce mercredi après-midi, sur notre blog non ouvert, ndlr), quelques figures de
la principale coalition de l'opposition tchadienne sont entrées dans le gouvernement du nouveau Premier ministre Youssouf Saleh Abbas.
Le général Wadal Abdelkader Kamougué, l'une des principales figures de cette coalition, est nommé ministre de la Défense pendant que la Justice revient au modéré Jean Bawoyeu
Alingué, ancien PM de Déby et autre membre de la CPDC(Coordination des partis politiques pour la Défense de la Constitution). Le porte-parole adjoint de ladite coalition, Hamit Mht Dahalob,
hérite du ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme et de l'Habitat, et le département de l'Agriculture échoit à un quatrième opposant, Naïmbaye Lossimian, ancien ministre et
ambassadeur à Bonn.
Ces entrées matérialisent la promesse du nouveau PM d'ouvrir son gouvernement à l'opposition. Mais que peuvent ces nouveaux venus dans un gouvernement dont la manette restera malgré
tout entre les mains d'Idriss Déby Itno, véritable maître à bord dans un navire en détresse? La nomination de Kamougué à la Défense peut être interprêtée comme un signal à
l'endroit des politico-militaires en guise de pseudo volonté (un miroir aux alouettes en somme!) de céder l'essentiel du pouvoir à l'opposition si cela peut être un des préalables
au dialogue et à la reconciliation. Ou encore comme signe de durcissement des faucons et va-t-en guerre, le nouveau titulaire, ancien officier aux qualités incontestées, étant ainsi appelé à
redorer le blason de la grande muette pour la remettre en ordre de bataille. Mais Kamougué semble n'avoir pas toutes les cartes en main pour réaliser un tel miracle. Encore qu'au soir de sa
carrière militaire, il est illusoire qu'il retrouve tous ses réflexes d'officier et puisse disposer aussi facilement de ses anciens réseaux et pions. L'homme qui, un jour des années 1980, sauva
héroïquement la mise aux populations mayo-kebiennes de Kim devant des combattants de Habré amenés par un certain Idriss Déby, a désormais ses hauts faits d'arme derrière lui. Le "lion du Sud" ne
rugit plus et ne saurait rugir dans un steppe curieusement plein de loups affamés.
A la justice on se demande ce que pourra bien Alingué dans un pays où les intouchables du clan au pouvoir semblent loin de lâcher prise sur une population tchadienne désabusée et résignée devant
les injustices de tout ordre qu'elle subit depuis l'arrivée un certain 1er décembre 90 d'Idriss Déby aux affaires. Le modéré opposant, par ailleurs fidèle croyant, ferait mieux de
s'agenouiller pour demander, au Bon Dieu, justice pour ses compatriotes que de faire justice au bon vouloir du prince qui ne connaît que la loi du talion.
Quant à l'Agriculture et l'aménagement du territoire, certes deux départements non négligeables dans un pays qui a faim, malgré ses potentialités, mal logé et qui demeure un chantier non ouvert,
ils semblent loin des véritables enjeux du pouvoir que se disputent le clan et ses différentes oppositions.
On en est alors à se demander pourquoi ces opposants ont accepté d'entrer dans ce gouvernement même si on peut supposer et comprendre qu'ils y soient entrés pour contribuer à apaiser le climat
trop délétère que vit le pays et à oeuvrer de l'intérieur dans le sens souhaité par la majorité des Tchadiens. Leur marge de manoeuvre semble très réduite que l'entreprise servira plus à les
décrédibiliser qu'à les grandir auprès de l'opinion publique tchadienne. Ils sacrifient ainsi, faut-il le noter, les préalables posés unanimement par leur coalition avant toute reprise de
dialogue avec le pouvoir. Faire la lumière sur la disparition des opposants en février et notamment sur le cas de leur porte-parole, Ibni Oumar Mahamat Saleh, toujours porté disparu après avoir
été enlevé par la garde présidentielle, sonner le retour des libertés par l'abrogation d'une liberticide loi sur la presse promulguée dans la foulée de l'état d'urgence décretée en février
dernier, sont les points essentiels de ces préalables à la reprise du dialogue dans le cadre de l'accord du 13 août 2007 entre le pouvoir et l'opposition. Laquelle abrogation ne semble pas à
l'ordre du jour avec la nomination d'un des plus acharnés partisans du musellement de la presse indépendante au porte-feuille de la Communication, Mahamat Hissein. Idéologue en son temps du parti
présidentiel, l'ancien patron du seul quotidien privé pro-gouvernemental, Le Progrès, est connu, même dans l'ombre, pour ses penchants liberticides pour faire taire ses confrères non
inféodés au pouvoir. On le cite d'ailleurs au nombre des initiateurs de la présente loi liberticide en vigueur depuis février dernier. Laquelle loi avait été rejetée, en temps normal déjà, par
l'assemblée nationale pourtant aux ordres du pouvoir.
Signé avec le parrainage de l'UE, l'accord du 13 août 2007 était censé résoudre les incohérences de la loi électorale et conduire
à des élections législatives transparentes en 2009 et aux présidentielles de 2011.
Ces entrées permettront-elles de relancer le dossier? Pas très sûr d'autant plus que la coalition est désormais divisée entre ceux favorables au nouveau gouvernement et ceux qui ont refusé d'y
entrer. Pour sûr, en attendant d'épiloguer sur les chances d'un consensus sur le sujet, ce qui occupera les conversations au sein de l'opinion tchadienne, ce sera la "trahison" des "judas" de la
CPDC qui risquent fort de se décrédibiliser ainsi pour de bon. Le prix de la trahison coûte bien cher. C'est toutefois le seul laurier auquel ils peuvent, pour l'heure, aspirer et ils l'auront
entièrement mérité!
Manalo
Article publié ce mercredi soir, 23.04.08, 21h gmt
Opposants dans l'équipe d'YSA: le discrédit inévitable!
Comme nous l'annoncions dans notre précédent papier(ce mercredi après-midi, sur notre blog non ouvert, ndlr), quelques figures de
la principale coalition de l'opposition tchadienne sont entrées dans le gouvernement du nouveau Premier ministre Youssouf Saleh Abbas.
Le général Wadal Abdelkader Kamougué, l'une des principales figures de cette coalition, est nommé ministre de la Défense pendant que la Justice revient au modéré Jean Bawoyeu
Alingué, ancien PM de Déby et autre membre de la CPDC. Le porte-parole adjoint de ladite coalition, Hamit Mht Dahalob hérite du ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme et de
l'Habitat, et le département de l'Agriculture échoit à un quatrième opposant, Naïmbaye Lossimian.
Ces entrées matérialisent la promesse du nouveau PM d'ouvrir son gouvernement à l'opposition. Mais que peuvent ces nouveaux venus dans un gouvernement dont la manette restera malgré
tout entre les mains d'Idriss Déby Itno, véritable maître à bord dans un navire en détresse? La nomination de Kamougué à la Défense semble être un signal à l'endroit des politico-militaires
comme une volonté de céder l'essentiel du pouvoir à l'opposition si cela peut être un des préalables au dialogue et à la reconciliation. Ou encore comme signe de durcissement des faucons et
va-t-en guerre, le nouveau titulaire, ancien officier aux qualités incontestées, étant ainsi appelé à redorer le blason de la grande muette pour la remettre en ordre de bataille. Mais Kamougué
semble n'avoir pas toutes les cartes en main pour réaliser un tel miracle. Encore qu'au soir de sa carrière militaire, il est illusoire qu'il retrouve tous ses réflexes d'officier et puisse
disposer de ses anciens réseaux et pions.
A la justice on se demande ce que pourra bien Alingué dans un pays où les intouchables du clan au pouvoir semblent loin de lâcher prise sur une population tchadienne désabusée et résignée devant
les injustices de tout ordre qu'elle subit depuis l'arrivée un certain 1er décembre 90 d'Idriss Déby aux affaires.
Quant à l'Agriculture et l'aménagement du territoire, certes deux départements non négligeables dans un pays qui a faim, malgré ses potentialités, mal logé et qui demeure un chantier non ouvert,
ils semblent loin des véritables enjeux du pouvoir que se disputent le clan et ses différentes oppositions.
On en est alors à se demander pourquoi ces opposants ont accepté d'entrer dans ce gouvernement même si on peut supposer et comprendre qu'ils y soient entrés pour contribuer à apaiser le climat
trop délétère que vit le pays et à oeuvrer de l'intérieur dans le sens souhaité par la majorité des Tchadiens. Leur marge de manoeuvre semble très réduite que l'entreprise servira plus à les
décrédibiliser qu'à les grandir auprès de l'opinion publique tchadienne. Ils sacrifient ainsi, faut-il le noter, les préalables posés unanimement par leur coalition avant toute reprise de
dialogue avec le pouvoir. Faire la lumière sur la disparition des opposants en février et notamment sur le cas de leur porte-parole, Ibni Oumar Mahamat Saleh, toujours porté disparu après avoir
été enlevé par la garde présidentielle, sonner le retour des libertés par l'abrogation d'une liberticide loi sur la presse promulguée dans la foulée de l'état d'urgence décretée en février
dernier, sont les points essentiels de ces préalables à la reprise du dialogue dans le cadre de l'accord du 13 août 2007 entre le pouvoir et l'opposition. Signé avec le parrainage de l'UE, cet
accord était censé résoudre les incohérences de la loi électorale et conduire à des élections législatives transparentes en 2009 et aux présidentielles de 2011.
Ces entrées permettront-elles de relancer le dossier? Pas très sûr d'autant plus que la coalition est désormais divisée entre ceux favorables au nouveau gouvernement et ceux qui ont refusé d'y
entrer. Pour sûr, en attendant d'épiloguer sur les chances d'un consensus sur le sujet, ce qui occupera les conversations au sein de l'opinion tchadienne, ce sera la "trahison" des "judas" de la
CPDC qui risquent fort de se décrédibiliser ainsi pour de bons. Le prix de la trahison coûte bien cher. C'est toutefois le seul laurier auquel ils peuvent, pour l'heure, aspirer et ils l'auront
entièrement mérité!
Manalo
Article publié ce mercredi soir, 23.04.08, 21h gmt
Opposants dans l'équipe d'YSA: le discrédit inévitable!
Comme nous l'annoncions dans notre précédent papier(ce mercredi après-midi, sur notre blog non ouvert, ndlr), quelques figures de
la principale coalition de l'opposition tchadienne sont entrées dans le gouvernement du nouveau Premier ministre Youssouf Saleh Abbas.
Le général Wadal Abdelkader Kamougué, l'une des principales figures de cette coalition, est nommé ministre de la Défense pendant que la Justice revient au modéré Jean Bawoyeu
Alingué, ancien PM de Déby et autre membre de la CPDC. Le porte-parole adjoint de ladite coalition, Hamit Mht Dahalob hérite du ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme et de
l'Habitat, et le département de l'Agriculture échoit à un quatrième opposant, Naïmbaye Lossimian.
Ces entrées matérialisent la promesse du nouveau PM d'ouvrir son gouvernement à l'opposition. Mais que peuvent ces nouveaux venus dans un gouvernement dont la manette restera malgré
tout entre les mains d'Idriss Déby Itno, véritable maître à bord dans un navire en détresse? La nomination de Kamougué à la Défense semble être un signal à l'endroit des politico-militaires
comme une volonté de céder l'essentiel du pouvoir à l'opposition si cela peut être un des préalables au dialogue et à la reconciliation. Ou encore comme signe de durcissement des faucons et
va-t-en guerre, le nouveau titulaire, ancien officier aux qualités incontestées, étant ainsi appelé à redorer le blason de la grande muette pour la remettre en ordre de bataille. Mais Kamougué
semble n'avoir pas toutes les cartes en main pour réaliser un tel miracle. Encore qu'au soir de sa carrière militaire, il est illusoire qu'il retrouve tous ses réflexes d'officier et puisse
disposer de ses anciens réseaux et pions.
A la justice on se demande ce que pourra bien Alingué dans un pays où les intouchables du clan au pouvoir semblent loin de lâcher prise sur une population tchadienne désabusée et résignée devant
les injustices de tout ordre qu'elle subit depuis l'arrivée un certain 1er décembre 90 d'Idriss Déby aux affaires.
Quant à l'Agriculture et l'aménagement du territoire, certes deux départements non négligeables dans un pays qui a faim, malgré ses potentialités, mal logé et qui demeure un chantier non ouvert,
ils semblent loin des véritables enjeux du pouvoir que se disputent le clan et ses différentes oppositions.
On en est alors à se demander pourquoi ces opposants ont accepté d'entrer dans ce gouvernement même si on peut supposer et comprendre qu'ils y soient entrés pour contribuer à apaiser le climat
trop délétère que vit le pays et à oeuvrer de l'intérieur dans le sens souhaité par la majorité des Tchadiens. Leur marge de manoeuvre semble très réduite que l'entreprise servira plus à les
décrédibiliser qu'à les grandir auprès de l'opinion publique tchadienne. Ils sacrifient ainsi, faut-il le noter, les préalables posés unanimement par leur coalition avant toute reprise de
dialogue avec le pouvoir. Faire la lumière sur la disparition des opposants en février et notamment sur le cas de leur porte-parole, Ibni Oumar Mahamat Saleh, toujours porté disparu après avoir
été enlevé par la garde présidentielle, sonner le retour des libertés par l'abrogation d'une liberticide loi sur la presse promulguée dans la foulée de l'état d'urgence décretée en février
dernier, sont les points essentiels de ces préalables à la reprise du dialogue dans le cadre de l'accord du 13 août 2007 entre le pouvoir et l'opposition. Signé avec le parrainage de l'UE, cet
accord était censé résoudre les incohérences de la loi électorale et conduire à des élections législatives transparentes en 2009 et aux présidentielles de 2011.
Ces entrées permettront-elles de relancer le dossier? Pas très sûr d'autant plus que la coalition est désormais divisée entre ceux favorables au nouveau gouvernement et ceux qui ont refusé d'y
entrer. Pour sûr, en attendant d'épiloguer sur les chances d'un consensus sur le sujet, ce qui occupera les conversations au sein de l'opinion tchadienne, ce sera la "trahison" des "judas" de la
CPDC qui risquent fort de se décrédibiliser ainsi pour de bons. Le prix de la trahison coûte bien cher. C'est toutefois le seul laurier auquel ils peuvent, pour l'heure, aspirer et ils l'auront
entièrement mérité!
Manalo
Article publié ce mercredi soir, 23.04.08, 21h gmt
Je ne suis pas d'accord !